Le cinéma l’Excelsior de Saint-Dié rouvre après trois mois d’arrêt


24 juin 2020

Le grand tapis rouge dans le hall d’entrée regrette, depuis trois mois, les pas qui le foulent habituellement.

Ils n’étaient pas toujours aussi nombreux qu’il l’espérait, certes, mais ces pas avaient le mérite d’exister.

Heureusement, à partir de mercredi , l’escalier sentira à nouveau les semelles frôler sa courte tonsure.

Le cinéma d’art et essai l’Excelsior est installé à Saint-Dié depuis bientôt quarante ans.

La crise du coronavirus n’est qu’une épreuve de plus.

« Quand l’espace Georges-Sadoul a été restructuré, nous avons dû nous expatrier un an au musée, avec moins de séances », rappelle Guitou Ferretti, bénévole depuis plus de vingt ans.

Une jauge divisée par deux

En raison des normes sanitaires, la jauge de 96 places est divisée par deux, seuls les couples pouvant s’asseoir côte à côte.

Dans l’entrée, un gel hydroalcoolique trône sur un baril et le port du masque est obligatoire pour aller s’installer dans la salle de projection.

La salle est désinfectée tous les jours, par les bénévoles et par les agents d’entretien de l’espace Georges Sadoul.

« Cette réouverture s’est organisée en concertation avec les équipes de Sadoul, grâce à leur appui logistique », remercie Michel Urban, le président.

4 000 spectateurs de moins en trois mois

L’association qui exploite le lieu est hébergée à titre gracieux par la Ville et n’a donc pas subi trop durement la crise.

« Nos recettes nous permettent d’acheter des films et d’assurer les frais de fonctionnement », explique l’association. 

Elle embauche tout de même deux salariés , dont un CDI à temps plein, passés en chômage partiel pendant la crise.

Reconnue d’intérêt général depuis un an, elle a aussi reçu des dons grâce à la réduction d’impôts.

Le bilan affiche tout de même un beau choc : entre le 17 mars et le 23 juin, le cinéma a perdu 4 000 spectateurs (en comparaison de l’année précédente), soit 18 000 € de recettes.

« Nous avions eu une bonne année 2019 donc cela devrait aller », tempère Patrice Gambotto, le trésorier.

L’équipe veut surtout retrouver ses spectateurs et sa programmation.

« Nous serons fermés comme d’habitude entre le 15 juillet et jusqu’à fin août.

Mais il nous semblait important de rouvrir ces trois dernières semaines pour garder contact avec nos adhérents », justifie Michel Urban.

Un film sera projeté par semaine, avec une seule séance par jour pour nettoyer les lieux entre deux séances.

« Le premier film n’est diffusé que dans 6 salles en France, sur 5 241 », sourit le président.

Un caractère unique qui reste la marque de fabrique de ce cinéma d’art et essai.